Comment devenir agent d'état des lieux ? Guide complet

26/07/2026

Le métier n'est pas réglementé. Aucun diplôme, aucune carte professionnelle, aucune garantie financière ne conditionnent son exercice. Une micro-entreprise créée en ligne, une assurance responsabilité civile professionnelle et quelques jours de formation suffisent à démarrer, pour un budget compris entre 1 000 et 3 000 euros.

La vraie difficulté est ailleurs. Le prix d'une intervention varie du simple au quadruple selon que vous travaillez en direct ou pour une plateforme, et un rapport mal construit peut être écarté par un juge, ce qui expose votre responsabilité. Ce guide traite successivement du contenu du métier, du cadre légal, de la formation, du statut, du budget, des revenus réels et de la prospection.

L'essentiel en cinq points
  • Métier accessible sans diplôme ni carte professionnelle, à condition de ne pas faire de gestion locative.
  • Budget de lancement de 1 000 à 3 000 euros, sans local ni stock.
  • De 80 à 200 euros la mission en direct, à partir de 39 euros en sous-traitance de plateforme.
  • Part refacturable au locataire plafonnée à 3,03 euros par mètre carré depuis le 1er janvier 2026.
  • Environ 4,5 millions d'états des lieux réalisés chaque année en France.

Le métier d'agent d'état des lieux

Un tiers mandaté par les deux parties

L'article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que l'état des lieux est établi contradictoirement et amiablement par le bailleur et le locataire, ou par un tiers mandaté par eux. Ce tiers mandaté, c'est l'agent d'état des lieux.

La formulation est importante pour comprendre le positionnement du métier. Vous n'êtes le représentant d'aucune des deux parties. Votre valeur commerciale tient précisément à cette neutralité : un bailleur qui vous mandate achète un constat qu'un locataire aura plus de mal à contester, et une agence qui vous délègue la mission se retire d'une négociation dans laquelle elle est juge et partie.

Une intervention type

Une mission se déroule en trois temps : la préparation à distance, avec la récupération du bail, de la surface et de l'état des lieux d'entrée pour une sortie, la visite sur place avec les occupants, puis la finalisation du rapport et sa transmission.

Sur place, le travail consiste à parcourir chaque pièce et chaque annexe, à décrire l'état des supports, à photographier, à relever les index des compteurs, à recenser les clés et moyens d'accès, puis à faire signer. Comptez de trente à quarante-cinq minutes pour un studio, une heure trente à deux heures pour une maison avec dépendances. Les prestataires organisés produisent plusieurs centaines de photographies par constat.

Ce que le document doit contenir

Le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016, applicable depuis le 1er juin 2016, fixe un contenu minimal. Figurent obligatoirement, à l'entrée comme à la sortie :

  • le type d'état des lieux, entrée ou sortie ;
  • sa date d'établissement ;
  • la localisation du logement ;
  • le nom des parties et le domicile ou siège social du bailleur ;
  • le cas échéant, l'identité et l'adresse des personnes mandatées pour le réaliser, donc la vôtre ;
  • le cas échéant, les relevés des compteurs individuels d'eau ou d'énergie ;
  • le détail et la destination des clés ou autres moyens d'accès aux locaux privatifs et communs ;
  • pour chaque pièce, la description précise de l'état des revêtements de sols, murs et plafonds, des équipements et des éléments du logement, éventuellement complétée d'observations, de réserves et d'images ;
  • la signature des parties ou de leurs mandataires.

L'état des lieux de sortie ajoute trois mentions : l'adresse du nouveau domicile du locataire, la date de l'état des lieux d'entrée et, le cas échéant, les évolutions constatées depuis celui-ci.

Le décret impose également que le logement ne contienne que les meubles et équipements mentionnés au bail, que la forme du document permette la comparaison entre l'entrée et la sortie, sous forme d'un document unique ou de deux documents de présentation similaire, et que le rapport soit remis à chaque partie au moment de la signature, en main propre ou par voie dématérialisée. Le support papier et le support électronique ont la même valeur.

Un marché de plusieurs millions d'interventions

Le parc locatif privé compte environ 7,5 millions de ménages, avec un taux de mobilité annuelle de 23 pour cent. Le parc social compte 5,4 millions de logements, avec une mobilité de l'ordre de 10 pour cent. Ces deux chiffres donnent approximativement 2,3 millions de changements de locataire par an, soit près de 4,5 millions d'états des lieux d'entrée et de sortie.

La demande de prestataires est portée par le contentieux. À la commission départementale de conciliation de Paris, les litiges relatifs au dépôt de garantie et aux réparations locatives représentent plus de 70 pour cent des dossiers examinés, et le volume des litiges portant sur les réparations progresse d'environ 18 pour cent par an. Un constat solide coûte moins cher qu'une procédure : c'est l'argument central du métier.

Diplôme et carte professionnelle : ce qui est réellement exigé

Aucun diplôme obligatoire

Le métier s'exerce sans condition de diplôme. Un niveau baccalauréat suffit, quelle que soit la filière, une première expérience étant alors souvent demandée par les employeurs et donneurs d'ordre. Un BTS professions immobilières, une licence en droit ou un parcours dans le bâtiment constituent des atouts, pas des prérequis. Les profils qui réussissent viennent majoritairement de la gestion locative, du second œuvre et de la reconversion.

Pas de carte professionnelle, sous une condition

La loi Hoguet du 2 janvier 1970 encadre les activités d'entremise et de gestion immobilières. Elle impose une carte professionnelle T pour la transaction et G pour la gestion, délivrée par la chambre de commerce et d'industrie pour trois ans, assortie d'une responsabilité civile professionnelle et d'une garantie financière en cas de maniement de fonds.

Réaliser un constat pour le compte d'un mandant n'est ni une entremise ni une gestion : c'est une prestation matérielle. À ce titre, l'activité d'agent d'état des lieux ne relève pas du régime de la carte professionnelle.

La ligne à ne pas franchir. Dès lors que vous recherchez des locataires, rédigez des baux contre rémunération, encaissez des loyers ou signez des mandats de gestion, vous basculez dans le champ de la loi Hoguet. L'exercice illégal est puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende au titre de son article 14. Si le développement de votre activité vous conduit vers la gestion locative, la carte G devient un préalable, pas une formalité.

Les prérequis imposés par le marché

Ce que la loi n'exige pas, les donneurs d'ordre l'exigent. Les réseaux qui recrutent des intervenants indépendants demandent systématiquement d'être majeur, de présenter un casier judiciaire vierge, de disposer d'un statut d'indépendant et d'une assurance en cours de validité. S'y ajoutent, en pratique, un véhicule, une tablette ou un smartphone récent, une bonne orthographe et une aisance à l'oral, puisque vous serez l'unique interlocuteur d'une scène souvent tendue.

Les compétences qui font la différence

Quatre blocs distinguent un bon agent d'un simple photographe :

  • la nomenclature technique des supports et revêtements, pour nommer précisément ce que l'on constate ;
  • la distinction entre usure normale et dégradation, qui détermine qui paie ;
  • les coefficients de vétusté applicables aux équipements du second œuvre ;
  • la gestion du conflit, quand le locataire refuse de signer ou conteste une observation.

Les règles à maîtriser avant la première mission

L'absence d'état des lieux d'entrée profite au locataire

À défaut d'état des lieux d'entrée, le logement est présumé avoir été délivré en bon état, sauf preuve contraire apportée par le locataire ou si le bailleur a fait obstacle à son établissement. Cette présomption est le fondement économique du métier : c'est le constat d'entrée qui protège le bailleur, pas celui de sortie.

Le délai de dix jours

Le locataire peut demander de compléter l'état des lieux d'entrée dans les dix jours calendaires suivant son établissement. S'agissant des éléments de chauffage, ce droit s'exerce pendant le premier mois de la période de chauffe. En cas de refus du bailleur, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation. Lorsque le logement dispose d'une installation de chauffage ou d'eau chaude sanitaire individuelle, ou collective avec comptage individuel, le bailleur ou son mandataire complète l'état des lieux par les relevés d'index de chaque énergie.

Anticiper ce délai fait partie du service : un rapport transmis rapidement laisse au locataire le temps d'exercer son droit, ce qui réduit d'autant les contestations ultérieures.

La vétusté et les grilles

Le décret de 2016 définit la vétusté comme l'état d'usure ou de détérioration résultant du temps ou de l'usage normal des matériaux et éléments d'équipement du logement. Les parties peuvent convenir d'appliquer une grille de vétusté, à condition qu'elle soit issue d'un accord collectif de location, national ou local, même si le logement ne relève pas du patrimoine couvert par cet accord. La grille doit définir au minimum, pour les principaux matériaux et équipements, une durée de vie théorique et des coefficients d'abattement forfaitaire annuels.

Deux grilles font référence en pratique et devant les tribunaux : celle de l'OPAC de Paris et celles issues des accords du groupe 3F. La jurisprudence pose une limite constante : la vétusté ne couvre pas les dégradations résultant d'un comportement fautif du locataire.

Le recours au commissaire de justice

Lorsque l'état des lieux ne peut être établi amiablement, il est dressé par un commissaire de justice à l'initiative de la partie la plus diligente, à frais partagés par moitié entre bailleur et locataire, à un coût fixé par décret. Le partage suppose que les parties aient été convoquées par lettre recommandée avec accusé de réception au moins sept jours à l'avance. À défaut, la partie qui a pris l'initiative supporte seule les frais.

Ce recours n'est pas un concurrent, c'est une porte de sortie que vous conseillerez à vos clients lorsque la situation est bloquée.

La conformité conditionne la valeur probante

Un état des lieux dont les mentions sont incomplètes, dont les exemplaires diffèrent ou dont les signatures manquent peut être déclaré non probant par le juge. Autrement dit, le seul livrable de votre métier est un document dont la valeur dépend entièrement de sa forme. C'est ce qui justifie l'usage d'un logiciel métier plutôt que d'un modèle de traitement de texte.

Se former

Ce que proposent les organismes

Le marché de la formation se répartit en deux offres. D'un côté, des modules courts d'une à deux journées, en présentiel ou à distance, portés par des organismes certifiés Qualiopi et destinés à des professionnels déjà en poste. De l'autre, des parcours de plusieurs jours conçus pour la reconversion, incluant l'accès à une application métier, des supports de prospection et un accompagnement de quelques mois après la formation.

Un programme sérieux couvre le cadre juridique et les obligations respectives des parties, la distinction usure normale et dégradation, la nomenclature technique des supports et revêtements, les spécificités du meublé, les coefficients de vétusté du second œuvre, les relevés de compteurs, ainsi que la gestion des situations pré-conflictuelles à la sortie. Utilisez cette liste comme grille de comparaison avant de payer.

Le financement, et une mise en garde

Une prise en charge par un opérateur de compétences est possible pour les organismes certifiés Qualiopi. En revanche, la plupart de ces formations délivrent une attestation de fin de formation, non une certification enregistrée au répertoire national des certifications professionnelles ou au répertoire spécifique. Sans enregistrement, pas d'éligibilité au compte personnel de formation. Vérifiez le numéro d'enregistrement avant de vous engager sur une promesse de financement.

Deux voies d'entrée gratuites

Les réseaux qui recrutent des intervenants forment eux-mêmes : une journée de formation théorique chez certaines plateformes, deux jours de terrain et deux jours de gestion chez les franchiseurs, inclus dans les droits d'entrée. C'est un moyen d'apprendre le métier sans avancer de frais pédagogiques.

L'autre voie est le salariat. Les bailleurs sociaux et les administrateurs de biens recrutent des chargés d'état des lieux, avec près d'un millier d'offres publiées sur les principaux sites d'emploi et une rémunération moyenne autour de 27 300 euros bruts annuels dans le logement social. Une ou deux années à ce poste valent toutes les formations courtes, et permettent de constituer un carnet d'adresses avant de s'installer.

Choisir son statut juridique

Micro-entreprise, EURL ou SASU

La micro-entreprise est le point de départ naturel : création en ligne au guichet unique, comptabilité allégée, cotisations calculées sur les encaissements, donc nulles en l'absence de chiffre d'affaires. Elle relève de l'entreprise individuelle, ce qui signifie que vous exercez en votre nom propre.

L'EURL et la SASU deviennent pertinentes dans trois cas : un chiffre d'affaires qui approche les plafonds, des charges déductibles importantes comme un véhicule, du matériel ou de la sous-traitance, ou le recrutement d'intervenants. La SASU offre en outre une meilleure protection sociale au dirigeant assimilé salarié, au prix de cotisations nettement supérieures.

Les seuils et taux applicables

L'administration retient pour 2026 un plafond de chiffre d'affaires de 83 600 euros pour les prestations de services. Le taux de cotisations sociales s'établit à 21,2 pour cent pour les prestations de services commerciales et artisanales relevant des bénéfices industriels et commerciaux. Ces montants évoluant régulièrement, vérifiez-les sur le site du ministère de l'Économie au moment de votre création.

L'aide à la création ou à la reprise d'entreprise se demande auprès de l'Urssaf dans les soixante jours suivant l'ouverture de l'activité. Attention à un changement récent : depuis le 1er juillet 2026, l'exonération est ramenée de 50 à 25 pour cent des cotisations habituelles.

Le seuil de TVA, à surveiller de près

La franchise en base de TVA s'applique jusqu'à 37 500 euros de chiffre d'affaires pour les prestations de services, avec un seuil majoré de 41 250 euros. Le projet de seuil unique à 25 000 euros, débattu en 2025, a été définitivement abandonné.

Traduit en volume d'activité, ce seuil correspond à environ 250 à 350 états des lieux par an. Le franchir n'a aucune incidence sur vos clients professionnels, qui récupèrent la TVA, mais renchérit mécaniquement de 20 pour cent votre prestation pour les bailleurs particuliers. Ce point doit figurer dans votre plan de charge dès la première année.

Code d'activité

Le code APE est attribué par l'INSEE à partir de la description que vous donnez de votre activité. Il n'est pas déterminé à l'avance et n'a pas d'effet juridique sur le droit d'exercer, mais il conditionne certaines grilles tarifaires d'assurance. Rédigez donc votre libellé d'activité avec soin.

Assurances et obligations

La responsabilité civile professionnelle

La loi ne l'impose pas pour cette activité, mais aucun donneur d'ordre ne travaillera avec vous sans elle. Comptez 100 à 300 euros par an pour un indépendant en début d'activité.

Le point à vérifier dans le contrat. Le sinistre typique de ce métier n'est ni corporel ni matériel : un état des lieux d'entrée incomplet prive le bailleur de la preuve d'une dégradation, et le préjudice est purement financier. Assurez-vous que la police couvre les dommages immatériels non consécutifs, faute de quoi la garantie ne servira à rien le jour venu.

Les autres obligations

Votre véhicule doit être assuré en usage professionnel. Les photographies de logements occupés et les données des locataires vous placent dans le champ du règlement général sur la protection des données : prévoyez une durée de conservation, une base légale et une clause de sous-traitance dans vos contrats avec les agences. Enfin, la réception des factures électroniques devient obligatoire pour toutes les entreprises à compter de septembre 2026, micro-entreprises comprises : choisissez une plateforme agréée avant cette échéance.

Matériel et logiciel

L'équipement de terrain

Une tablette ou un grand smartphone, un mètre laser, un testeur de prises, une lampe torche, un jeu d'étiquettes pour les clés et une batterie externe couvrent l'essentiel. Le poste le plus rentable est l'appareil photo : la qualité des images conditionne la valeur probante du rapport.

Comment choisir un logiciel

Sept critères permettent de trancher : la conformité des mentions au décret de 2016, la signature électronique et l'horodatage, la duplication automatique de l'entrée vers la sortie, une grille de vétusté paramétrable, un module de chiffrage des dégradations, le fonctionnement hors connexion et la génération d'un rapport lisible. Les comparatifs récents montrent que l'horodatage qualifié et le pré-remplissage assisté par intelligence artificielle sont les fonctions qui différencient réellement les éditeurs.

Trois modèles économiques coexistent : le paiement au document, l'abonnement mensuel et le forfait annuel illimité. En dessous d'une centaine de constats par an, le paiement à l'acte reste le plus économique. Au-delà, le forfait s'impose. Un point de vigilance : certaines plateformes imposent leur propre application et en refacturent la licence à l'intervenant, ce qui ampute la marge sur des missions déjà peu rémunérées.

Budget de démarrage

Formation, matériel, logiciel, assurance, création d'entreprise et premiers frais de déplacement représentent un investissement de 1 000 à 3 000 euros. Il n'y a ni local ni stock, ce qui explique le très faible risque financier du lancement.

Combien gagne un agent d'état des lieux

C'est la question qui décide de tout, et celle sur laquelle les articles promotionnels sont les plus flous. Trois modèles de rémunération coexistent, avec des écarts considérables.

Rémunération par mission selon le canal de distribution En direct, de 80 à 200 euros par état des lieux. En franchise, de 60 à 120 euros. En sous-traitance de plateforme, à partir de 39 euros. Rémunération par mission selon le canal Client direct 80 à 200 euros Réseau ou franchise variable selon contrats Plateforme de sous-traitance dès 39 euros
Écart de un à quatre entre la facturation directe et la sous-traitance.

En direct auprès du client

Le tarif d'un constat se situe entre 80 et 200 euros selon la surface, la localisation et le niveau de détail. On observe environ 120 euros pour un trois pièces, 200 à 350 euros pour une maison de plain-pied, jusqu'à 500 euros pour une propriété avec piscine, garage et dépendances, avec un supplément courant de 20 à 30 pour cent pour les biens meublés ou atypiques. Les agences immobilières facturent en moyenne 150 à 200 euros la prestation à leurs clients.

Ce que la loi permet de facturer au locataire

Point technique décisif, souvent mal compris, et qui structure la relation avec les agences.

Les honoraires d'établissement de l'état des lieux d'entrée sont partagés entre bailleur et locataire. Depuis le 1er janvier 2026, la part imputable au locataire est plafonnée à 3,03 euros par mètre carré de surface habitable, contre 3 euros auparavant. Cette revalorisation résulte des arrêtés des 17 juillet et 13 novembre 2025, qui ont indexé les plafonds sur l'indice de référence des loyers, avec une variation de 0,87 pour cent entre le troisième trimestre 2024 et le troisième trimestre 2025. C'est la première révision depuis 2014.

Calcul de la part locataire pour un état des lieux d'entrée Pour un logement de 60 mètres carrés facturé 200 euros, la moitié représente 100 euros et le plafond légal 181,80 euros. Le locataire paie le montant le plus faible, soit 100 euros. Part locataire : le plus faible des deux montants Exemple : logement de 60 m², prestation facturée 200 euros au bailleur Limite 1 : la moitié des honoraires 100,00 euros Limite 2 : 60 m² × 3,03 euros 181,80 euros Le locataire paie 100,00 euros
Le bailleur règle le solde, soit 100 euros dans cet exemple.

Trois règles complètent ce plafond :

  • le locataire ne paie jamais plus que la moitié des honoraires facturés, ni plus que le bailleur ;
  • pour un logement de 60 mètres carrés, la part locataire ne peut donc excéder 181,80 euros ;
  • l'état des lieux de sortie établi à l'amiable ne peut jamais être facturé au locataire, toute clause contraire étant réputée non écrite.

Le professionnel doit par ailleurs distinguer clairement, sur sa facture, la prestation de mise en location et celle d'état des lieux, chacune ayant son propre plafond.

En sous-traitance pour une plateforme

Les plateformes qui centralisent les commandes des grands comptes rémunèrent leurs intervenants indépendants à partir de 39 euros par prestation, le montant variant selon les caractéristiques du logement. Il faut en déduire la licence applicative et les frais de déplacement.

L'écart avec la facturation directe est donc d'un facteur trois à quatre. En contrepartie, la plateforme apporte le volume, la planification et l'absence de prospection. À 45 euros nets en moyenne, dégager 2 500 euros mensuels suppose environ soixante missions par mois, soit trois par jour ouvré, déplacements compris. C'est tenable en zone urbaine dense, rarement ailleurs.

Une trajectoire réaliste

Le modèle qui fonctionne combine les deux : la sous-traitance pour remplir l'agenda et apprendre le métier la première année, le direct pour construire la marge à partir de la deuxième. Ajoutez à cela une forte saisonnalité, la période de juin à septembre concentrant l'essentiel des rotations locatives, et prévoyez une trésorerie pour les mois creux.

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Qui achète des états des lieux

Les acheteurs se répartissent en cinq familles : les agences immobilières en gestion, les administrateurs de biens, les bailleurs sociaux, les syndics, et une longue traîne composée de conciergeries, de résidences étudiantes, de marchands de biens et de propriétaires particuliers. Les plus gros volumes se trouvent chez les bailleurs de plus de deux cents lots, qui externalisent structurellement cette tâche.

Trois canaux d'acquisition

Les plateformes de mise en relation constituent le canal le plus rapide : les agences y publient leurs missions, les prestataires disponibles postulent, et le choix se fait sur le profil, les avis et les délais. Elles offrent un flux immédiat, au prix d'une marge réduite.

La prospection directe auprès des agences de votre secteur est le canal le plus rentable. L'argumentaire ne porte pas sur le prix mais sur deux gains mesurables mis en avant par les acteurs du secteur : jusqu'à 40 pour cent de productivité récupérée pour les équipes de gestion, et une réduction significative du nombre de litiges grâce à l'intervention d'un tiers neutre.

Le référencement local complète le dispositif pour capter les bailleurs particuliers, plus rentables à l'unité mais irréguliers.

Fixer sa zone et sa grille

Le temps de trajet est le premier destructeur de rentabilité. Délimitez un rayon d'intervention cohérent avant de démarcher, et construisez une grille tarifaire dégressive au mètre carré, complétée par un forfait de déplacement au-delà d'une certaine distance et une majoration pour les urgences.

Indépendant, plateforme ou franchise

Critère Indépendant direct Sous-traitant de plateforme Franchisé
Apport de départ 1 000 à 3 000 euros quasi nul 3 000 à 10 000 euros
Rémunération par mission 80 à 200 euros à partir de 39 euros selon contrats du réseau
Charges récurrentes logiciel et assurance licence applicative redevance mensuelle et royalties
Prospection à votre charge aucune accompagnement du réseau
Autonomie tarifaire totale nulle encadrée
Montée en volume lente immédiate rapide, avec recrutement

Les réseaux de franchise du secteur affichent des droits d'entrée de l'ordre de 3 000 à 3 500 euros, un investissement global pouvant atteindre 10 000 euros, une redevance de fonctionnement d'environ 300 euros mensuels et des royalties autour de 5 pour cent. Les chiffres d'affaires annoncés, de 80 000 à 140 000 euros après un à deux ans, supposent un volume de l'ordre de cent états des lieux par mois, donc le recrutement d'intervenants. La franchise n'est pas un statut de travailleur indépendant : c'est un projet de chef d'entreprise avec une équipe.

Diversifier son activité après un an

Les prestations connexes utilisent la même compétence, le même déplacement et le même outil, avec une marge souvent supérieure : visites locatives pour le compte des agences, captations à 360 degrés, chiffrage des dégradations avec devis d'artisans, constats pour conciergeries et locations saisonnières, états des lieux de locaux commerciaux et de bureaux, constats de terrains et de chantiers.

C'est exactement la trajectoire suivie par les réseaux spécialisés, qui ont tous élargi leur offre au-delà du seul état des lieux. Pour un indépendant, cette diversification est le principal levier de revenu à surface de clientèle constante.

L'intelligence artificielle menace-t-elle le métier

Des outils capables d'identifier automatiquement les objets et les équipements d'une pièce à partir d'images existent déjà, et le pré-remplissage assisté est en cours d'intégration dans les logiciels du secteur. Ces technologies raccourcissent la rédaction, qui représente une part significative du temps facturé.

Deux raisons expliquent qu'elles ne suppriment pas le métier. La première est juridique : l'état des lieux est un acte contradictoire, qui suppose la présence physique d'un tiers entre deux parties dont les intérêts divergent. Aucun logiciel ne remplit cette fonction. La seconde est pratique : la valeur du constat tient à ce qui est constaté, pas à ce qui est décrit. Voir une trace d'humidité derrière un meuble, entendre une ventilation déséquilibrée ou tester une plaque de cuisson reste un travail de terrain.

L'effet réel de l'automatisation est donc une pression sur le prix unitaire, pas une disparition. Elle rend d'autant plus critique le positionnement en direct plutôt qu'en sous-traitance.

Six erreurs qui coûtent cher

  1. Dépendre d'un seul donneur d'ordre. Une plateforme qui réduit ses tarifs ou change de zone met fin à votre activité du jour au lendemain.
  2. Bâcler l'état des lieux d'entrée. C'est lui qui fait la preuve. Un constat de sortie irréprochable ne vaut rien sans point de comparaison.
  3. Confondre vétusté et dégradation. Sans grille de référence annexée au bail, la discussion devient une négociation, et votre rapport perd sa force.
  4. Oublier le temps de trajet dans le prix. Une mission à 90 euros avec quarante minutes de route dans chaque sens n'est pas rentable.
  5. Travailler sans contrat de prestation écrit. Il fixe le périmètre, les délais de remise, les conditions d'annulation et le sort des rendez-vous non honorés, qui sont fréquents.
  6. Glisser vers la gestion locative sans carte G. Le service rendu semble anodin, la qualification pénale ne l'est pas.

Par où commencer

Trois étapes suffisent à démarrer sous un mois : créer la micro-entreprise au guichet unique et demander l'ACRE dans les soixante jours, souscrire une responsabilité civile professionnelle couvrant les dommages immatériels non consécutifs, puis candidater auprès de deux ou trois réseaux d'intervenants pour remplir l'agenda pendant que vous démarchez les agences de votre secteur.

La formation peut attendre les premières missions, à condition de maîtriser d'abord les mentions obligatoires du décret de 2016 et la distinction entre vétusté et dégradation. Ce sont les deux seuls sujets sur lesquels une erreur se paie immédiatement.

Questions fréquentes

Sources

Textes de référence

  • Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs, articles 3-2, 4, 5, 7 et 20. Légifrance
  • Loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 réglementant les conditions d'exercice des activités relatives à certaines opérations portant sur les immeubles et les fonds de commerce, dite loi Hoguet, article 14.
  • Décret n° 2016-382 du 30 mars 2016 fixant les modalités d'établissement de l'état des lieux et de prise en compte de la vétusté des logements loués à usage de résidence principale. Légifrance
  • Décret n° 2014-890 du 1er août 2014 relatif au plafonnement des honoraires imputables aux locataires.
  • Arrêté du 17 juillet 2025 portant révision des plafonds des honoraires liés à la mise en location d'un logement imputables aux locataires. Légifrance
  • Arrêté du 13 novembre 2025 modifiant l'arrêté du 17 juillet 2025. Légifrance
  • Cour de cassation, 3e chambre civile, 23 mai 2012, pourvoi n° 11-17.270, sur la limite entre vétusté et faute du locataire.

Sources administratives

  • Service-public.fr, état des lieux d'entrée dans un bail d'habitation. Consulter
  • Service-public.fr, frais d'agence immobilière à la location d'un logement d'habitation. Consulter
  • Service-public.fr, peut-on faire payer les frais d'état des lieux au locataire. Consulter
  • ANIL, plafonnement des honoraires de location et transmission des informations aux observatoires de loyers. Consulter
  • ADIL de Paris, décryptage de l'état des lieux et données de la commission départementale de conciliation. Consulter
  • Ministère de l'Économie, montant des cotisations sociales des micro-entreprises. Consulter

Données statistiques

  • SDES, chiffres clés du logement, locataires du parc privé et taux de mobilité annuelle. Consulter
  • SDES, parc locatif social au 1er janvier 2024. Consulter
  • INSEE, parc de logements et statut d'occupation des résidences principales.

Données de marché

Les fourchettes de tarifs, les conditions de rémunération des intervenants indépendants, les montants de droits d'entrée en franchise et les niveaux de salaire cités proviennent des offres publiées par les réseaux et plateformes du secteur, notamment Check & Visit, Immopad et France EDL, ainsi que des annonces et statistiques de rémunération publiées sur les principaux sites d'emploi. Ces montants sont indicatifs et évoluent régulièrement.